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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 12:56
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Photos

du 23 juin – 4 août 2007 à la Stadtgalerie
Welcome to Our
Neighbourhood
Stadtgalerie - Sarrebruck

vernissage le 22 Juin 2007.


L’intention qui préside à la réalisation de ces expositions, titrées toutes les trois « welcome to our neighbourhood, maladroitement traduisible en français « bienvenue dans notre voisinage/ou notre quartier », est la volonté de faire circuler et faire valoir la scène artistique de la « grande région »  que constitue la réunion de la Sarre, du Luxembourg et de la Lorraine- trois territoires néanmoins clairement distincts.
L’idée de présenter des expositions à caractère régional ou même suprarégional pourraient donc apparaître comme une idée rapide et peu satisfaisante du point de vue de l’art, tout juste susceptible de satisfaire le seul jeu politique.
Ce constat a mené depuis de nombreuses années, à  une relative ignorance des artistes de la scène régionale pour mieux les encourager à se faire encourager ailleurs, et faire ses preuves en dehors.  Mais les temps changent : le modèle anglo-saxon dominant la culture des masses comme le marché de l’art, une pluralité de scènes, volontiers territorialisées, se mettent en concurrence les unes avec les autres – ou devrait-on dire en émulation – et toutes les villes qui veulent donner l’impression de leur compréhension des enjeux de leur temps s’organisent là une biennale, ici une foire d’art contemporain, ou un musée d’art contemporain à l’architecture remarquable… Mêmes comportements ici et là : la scène artistique n’a jamais été si globalisée, aussi le moment apparaît-il propice à revisiter sérieusement cette relation au « local » - voire, le local en question.
Un écueil de ce type d’exercice est probablement l’exposition de « local heroes » qui s’avère vite être un ghetto comme un autre, et la promotion induite pourrait vite se faire contre-productive. Finalement, le local d’aujourd’hui pourrait ne pas être celui de demain, ou même devenir celui du voisin. Autant dire que ce critère du local, du régional, du supra-régional ou du national, n’a aucun sens. Voilà une difficulté à surmonter lorsque le critère semble être la base d’un projet.
La question qui se pose dès lors serait : comment intégrer la dimension régionale sans en faire un ghetto, poser la question de ce qu’est ce « neighbourhood », cette notion qui croise à la fois environnement et proximité ( à la fois quartier et voisinage), quel sens ce mot peut-il avoir en termes d’expositions ?
Il n’y a pas de ghetto ici, la question régionale ayant été délibérément prise au sens large. Tous les artistes réunis ici vivent ou ont vécu dans cette grande région, y ont étudié, certains ne sont que de passage ; d’autres y sont nés et y resteront vraisemblablement, certains ne rêvent que d’en partir. Certains vivent à Berlin, à New York ou à Dublin. Le fait qu’ils aient résidé ou qu’ils résident dans cette grande région ne marque pas réellement leur pratique ou le contenu de leurs œuvres. Le véritable environnement, le véritable voisinage, la véritable proximité, c’est celle de cette appartenance au champ de l’art, et l’engagement dans un dialogue avec l’histoire et avec leurs collègues artistes, passés, présents et à venir. La réunion de ces œuvres est un épisode de leurs histoires, et la rencontre du public avec elles est tout aussi fugace. L’affinité avec une œuvre est une histoire personnelle néanmoins, le parcours d’amateur d’art – si éclairé soit-il - est une affaire privée. A charge de chacun de tisser les liens, d’associer les images, les idées, les mots, pour créer sa propre histoire et découvrir, à son tour,  ses propres affinités. 
Pour cette exposition, une idée assez simple a été retenue : réunir des artistes pour la qualité de leur travail, en ne craignant pas une grande diversité de propos et de formes, et faire le pari de leur capacité à se « constituer en exposition ». Chaque œuvre accueillant ainsi dans son voisinage, une ou d’autres œuvres.
Les pièces d’Etienne Pressager, Tina Gillen, Claudia Vogel ou Jason Gubbiotti incluent plus ou moins discrètement, les marques d’une conscience accrue de leur condition d’œuvres : interrogeant leurs contraintes propres de dessins ou de peinture, les dynamiques internes qui s’y lisent analysent leur propre relation  à l’intention qui les motive et aux réalités qui les construisent.
Pour d’autres artistes, comme Roger Wagener, Marion Auburtin ou Christophe Baudson, des faisceaux d’influences ont partagés et qui donnent à lire les héritages  du pop art et leur prolongements dans une société dominée par le loisir et le spectacle. Marion Auburtin manifeste un intérêt pour les objets peints, chers aux années 60, et les décline dans des séries de cartouches décorées, de camionnettes, d’avion ou de pistolets. D’autres artistes comme Etienne Boulanger et Simone Decker peuvent se questionner sur la valeur d’usage de l’œuvre d’art, en immiscant leurs pièces dans l’espace d’exposition en évitant les signes ostensibles de l’art.
Cette exposition n’a pas de thème, pas d’idée particulière qui se déroulerait au fil des salles, illustrées par les œuvres. Les œuvres ont été sélectionnées individuellement, pour l’envie de les présenter, ce qui suffit à justifier pleinement leur présence. Elles ont néanmoins des affinités entre elles et avec des questions communes, des sphères d’influences et des conditions partagées ; chacune porte en elles leur contexte, les préoccupations d’un époque comme la conscience des développements récents de l’art.
Corinne Charpentier 

Artistes participants :

Marion Auburtin, Christophe Baudson, Etienne Boulanger, Simone Decker, Tina Gillen, Jason Gubbiotti, Amandine Meyer, Olivier Nottellet,  Etienne Pressager, Claudia Vogel, Roger Wagener.


Commissaire d’exposition :
Corinne Charpentier

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Published by castelcoucou.over-blog.com
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